Qu'est-ce que le schisme?

Chers Fidèles, Chers Amis,

 

Un an est passé depuis le dernier numéro des Feuilles du Sacré-Coeur sur la Sainte-Face de Notre Seigneur et les blasphèmes dont elle est l’objet. Aujourd’hui j’aurais voulu creuser le thème du schisme et les moyens de recoudre les déchirures faites à l’unité dans l’Église du Christ et évoquer les tentatives qui ont été faites pour cela.

 

Le schisme, mot du grec skhisma, séparation venant du verbe skhizein, fendre est un péché très grave contre la vertu de Charité pour ceux qui s’en rendent coupable de façon volontaire. Le péché est moins grave pour ceux qui subissent le schisme ou qui sont nés dedans, engendrant le plus souvent une ignorance invincible de la Vérité. On appelle schismatiques ceux qui refusent d’obéir au Souverain Pontife et d’être en communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis, rompant ainsi le lien de l’Église qui est la Charité. La Charité est comme un manteau qui couvre, protège et cache. Le déchirer c’est faire rentrer dans l’Église un vent glacial de révolte. Le dédoubler comme le fit saint Martin envers le pauvre c’est étendre le royaume de Dieu.

Saint Martin de Tours (316-397)
Saint Martin de Tours (316-397)

Vis-à-vis de tous les schismatiques et des schismatiques orthodoxes en particulier, tout chrétien a le devoir de Charité de prier pour eux, et selon leur possibilité, de leur donner de bons conseils, de leur rendre visite, de les instruire afin qu’ils rentrent dans l’Église Catholique et pour cela il est nécessaire d’aller à leur rencontre de

les couvrir du manteau de la charité.

 

Demandons à saint Martin, dont on honore la mémoire en ce mois de novembre son aide pour travailler à l’union des coeurs. Saint Martin est né en 316 à Savaria (actuelle Hongrie) dans une famille païenne, fils d’un tribun militaire romain. À l’âge de 15 ans, il intègre l’armée, mais son désir de devenir chrétien se manifeste rapidement. Un événement marquant de sa vie survient en 338, lorsqu’il rencontre un mendiant dévêtu à Amiens. Ne pouvant lui donner d’argent, il lui offre la moitié de son manteau. Cette nuit-là, il a une vision du Christ portant la partie du manteau donnée au pauvre, ce qui le pousse à se faire baptiser peu après et à quitter l’armée. L’équipement d’un soldat romain était financé à moitié par l’armée et à moitié par le soldat lui-même. En coupant son manteau en deux il montre ainsi sa volonté de conversion définitive. La moitié qu’il donne au pauvre signifie son désir de se mettre sous le manteau de la Sainte Église. La moitié qui appartient à l’armée et qu’il va bientôt quitter signifie l’abandon de ses attaches mondaines. Puissions-nous, nous aussi avec l’aide de la grâce nous convertir et aider à la conversion des schismatiques ! Saint Martin, évêque de Tours, meurt à Candes, âgé de 80 ans.

Un peu d’histoire

Le schisme de Photius, survenu au IXe siècle, a été un conflit majeur entre l’Église d’Orient et l’Église d’Occident, centré sur la figure de Photius Ier de Constantinople. Celui-ci a débuté en 858 lorsque Photius, un érudit laïc, a été nommé patriarche de Constantinople par l’empereur Michel III, remplaçant le patriarche Ignace, qui avait été déposé dans des circonstances controversées. Cette nomination a été contestée par de nombreux membres du clergé et par le pape Nicolas Ier, qui considérait que la déposition d’Ignace était injuste et

l’installation de Photius irrégulière.

Conflit et conséquences

Photius a rejeté l’autorité du pape sur les affaires de l’Église orientale, aggravant ainsi la crise. En 867, il a convoqué un synode à Constantinople qui a condamné le pape Nicolas Ier et a rejeté la primauté de Rome, entraînant une rupture formelle entre les Églises d’Orient et d’Occident.

Le Concile de Constantinople IV (869-870) a été convoqué pour résoudre cette crise. Il a réaffirmé la primauté du Pape et a condamné les enseignements de Photius, cherchant à restaurer l’unité entre les deux Églises. En 1054 la séparation des deux Églises est consommée formellement. Et l’Église romaine parle de schisme oriental.

Le Concile de Florence (1439) visait à réunir l’Église catholique et l’Église orthodoxe, marquant un moment clé dans l’histoire de l’Église.

Le Concile de Florence

Il a été convoqué par le pape Eugène IV pour traiter des réformes internes de l’Église et pour tenter de rétablir l’unité avec l’Église orthodoxe, séparée depuis le Grand Schisme de 1054. Le principal objectif du Concile de Florence était de discuter de la réunification des Églises catholique et orthodoxe. Les délégués de l’Église orthodoxe, y compris l’empereur byzantin Jean VIII Paléologue et le patriarche de Constantinople, ont participé aux discussions. Le concile a abordé des questions théologiques majeures, telles que la nature de la Trinité, l’Eucharistie, et la primauté du pape.

 

Le concile a abouti à la proclamation d’une union formelle entre les deux Églises en 1439, avec la signature du décret Laetentur Caeli. Ce décret a reconnu la primauté papale et a introduit des doctrines latines controversées, telles que l’ajout du Filioque au Credo et l’acceptation du purgatoire. Cependant, cette union n’a pas perduré en raison de résistances culturelles et politiques, et le concile est tombé dans l’oubli après sa conclusion.

 

"Donc au nom de la sainte Trinité, du Père, du Fils et du Saint-Esprit, avec l’approbation de ce saint concile universel de Florence, nous définissons cette vérité de foi afin qu’elle soit crue et reçue par tous les chrétiens, et qu’ainsi tous le professent : que le Saint-Esprit est éternellement du Père et du Fils, et qu’il tient son essence et son être subsistant du Père et du Fils à la fois, et qu’il procède éternellement de l’un et de l’autre comme d’un seul principe et d’une spiration unique ; déclarant que ce que disent les saints docteurs et les Pères, à savoir que le Saint-Esprit procède du Père par le Fils, tend à cette conception que par-là est signifié que le Fils aussi est, selon les Grecs la cause, selon les Latins le principe de la subsistance du Saint-Esprit, aussi bien que le Père. Et puisque tout ce qui est du Père, le Père lui-même l’a donné à son Fils unique en l’engendrant, sauf le fait d’être Père, ceci même que le Saint-Esprit procède du Fils, le Fils lui-même le tient éternellement du Père par lequel il a été aussi éternellement engendré.

 

Nous définissons de plus l’explication contenue dans ces mots « et du Fils » a été ajoutée au symbole de façon licite et raisonnable afin d’éclairer la vérité et par une nécessité alors pressante. De même, dans le pain de froment, qu’il soit azyme ou fermenté, le Corps du Christ est véritablement formé et les prêtres doivent former le Corps même du Seigneur dans l’un ou l’autre de ces pains, c’est-à-dire selon la coutume de son Église, soit occidentale, soit orientale.

 

De même nous définissons que le Saint-Siège apostolique et le pontife romain détiennent le primat sur

tout l’univers et que le pontife romain est quant à lui le successeur du bienheureux Pierre prince des apôtres et le vrai vicaire du Christ, la tête de l’Église entière, le père et le docteur de tous les chrétiens, et que c’est à lui qu’a été transmis par notre Seigneur Jésus Christ, dans le bienheureux Pierre, le pouvoir plénier de paître, de diriger et de gouverner l’Église universelle, ainsi qu’il est contenu dans les actes des conciles oecuméniques et dans les saints canons."

 

L’union de Florence, perçue comme une soumission à Rome, divise les Byzantins au moment où l’Empire ottoman menace Constantinople. Chute de Constantinople (1453) : Malgré les appels à l’aide de l’Occident, la ville tombe aux mains des Ottomans. La fin de l’Empire byzantin marque un tournant : la Russie se présente comme la nouvelle protectrice de l’orthodoxie, rejetant définitivement l’union avec Rome.

 

Développement de l’uniatisme : malgré l’échec global, certaines communautés orientales (arméniennes, jacobites, éthiopiennes, grecques, ukrainiennes) acceptent l’union avec Rome, mais ces accords restent fragiles et souvent contestés et combattus. Le modèle de l’union florentine (reconnaissance de la primauté romaine tout en conservant les rites orientaux) inspire la création des Églises grecques-catholiques, mais ces communautés sont souvent perçues comme des traîtres par les orthodoxes.

 

"De même nous définissons que le Saint-Siège apostolique et le pontife romain détiennent le primat sur

tout l’univers et que le pontife romain est quant à lui le successeur du bienheureux Pierre prince des apôtres et le vrai vicaire du Christ, la tête de l’Église entière, le père et le docteur de tous les chrétiens, et que c’est à lui qu’a été transmis par notre Seigneur Jésus Christ, dans le bienheureux Pierre, le pouvoir plénier de paître, de diriger et de gouverner l’Église universelle, ainsi qu’il est contenu dans les actes des conciles oecuméniques et dans les saints canons."

Quand la Sainte Vierge s’en mêle. L’Icône de Kazan

Découverte de l’icone et appariton de la Vierge Marie
Découverte de l’icone et appariton de la Vierge Marie

Selon cette légende, l’icône aurait été peinte à Constantinople. Elle serait arrivée en Russie bien avant 1579, peut-être au XIIIe siècle. Certains récits affirment que l’icône a été apportée à Kazan par des missionnaires orthodoxes avant la conquête tatare.

 

Dans le but d’insister sur la continuité spirituelle entre Byzance et la Russie orthodoxe. Mais selon la tradition et la légende, l’icône de Kazan aurait été peinte par saint Luc comme d’autres icônes, comme celle de Vladimir et de Smoleck. Cette icône a séjourné à Byzance et s’est retrouvé à Kazan au XIIIe. Elle a été cachée Pendant toute la période musulmane et redécouverte miraculeusement en 1579…

 

La prise de Kazan en 1552 par Ivan le Terrible a marqué la fin du khanat de Kazan et a été un

tournant majeur dans l’expansion de l’État russe. Le khanat de Kazan a été un État tatar (musulman)

qui a existé de 1438 à 1552. Même actuellement la république de Kazan est dirigée par un musulman.

L’apparition

La jeune Matrona Onoutchina, fillette de Kazan, après l’incendie de la ville en 1579, voit en songe la Mère de Dieu qui lui indique où se trouve une icône la représentant qui avait été perdue.

 

L’icône de Notre-Dame de Kazan (en russe : КазанскаяБогоматерь) est une icône particulièrement révérée par l’Église orthodoxe, spécialement par l’Église russe. Elle est aussi vénérée par les catholiques, bien que sa fête soit exclusivement inscrite au calendrier liturgique orthodoxe.

Deux grandes cathédrales lui sont vouées à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Elle est fêtée le 21 juillet (8 juillet calendrier orthodoxe, Julien) et le 4 novembre.

 

Cette apparition mariale provoque la construction de nombreuses églises dans tout le pays et l’icône est gardée, par le monastère Notre-Dame de Kazan, spécialement construit à Kazan, jusqu’en 1904. Cette icône est invoquée à de multiples reprises dans l’histoire russe, en particulier pour sauver la Russie de l’invasion étrangère. Les Suédois, Napoléon Ier, les Polonais et les Allemands en 1945 etc.

 

L’icône est dérobée le 29 juin 1904 du monastère où elle se trouvait, les voleurs convoitant semble-t-il le revêtement d’or et les pierres précieuses qui la recouvraient. Beaucoup d’orthodoxes interprétèrent ce fait comme un signe avant-coureur de malheurs. Pendant la période bolchevique on retrouve cette icône au Canada, puis elle est acquise par un riche américain et se retrouve à … Fatima via l’Armée bleue. Pendant des années elle est exposée à la vénération des catholiques et des orthodoxes, quand Jean-Paul II la restitue à Kazan en 2004 après avoir séjournée à Rome quelques années. Elle est officiellement et solennellement réinstallée le jour de sa fête le 21 juillet 2005.

Du côté catholique, la statue de N.D. de Fatima

Quelques siècles après l’apparition de 1579 de Kazan… Au cours de l’apparition du 13 juillet 1917 à Fatima, la Très Sainte Vierge avait dit : Pour empêcher la guerre je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Coeur Immaculé et la Communion réparatrice des Premiers Samedis.

La dévotion des cinq premiers samedis du mois, l’annonce, la demande…

Les trois bergers de Fatima
Les trois bergers de Fatima

Dans la soirée du 10 décembre 1925, Lucie s’étant retirée dans sa cellule reçut la visite de la Vierge et à côté d’Elle, portée par une nuée lumineuse, l’Enfant-Jésus. La Sainte Vierge lui montra un Cœur entouré d’épines qu’Elle tenait dans Sa main. L’Enfant-Jésus dit :

Aie compassion du Cœur de ta Très Sainte Mère entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans qu’il n’y ait personne pour faire acte de réparation afin de les en retirer. 

Puis, notre Mère du Ciel lui dit : Vois, ma fille, mon Coeur entouré d’épines que les hommes ingrats m’enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet, et me tiendront compagnie pendant quinze minutes en méditant sur les quinze mystères du Rosaire, en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme.

Jésus, les deux années suivantes — le 15 février 1926 et le 17 décembre 1927 — a insisté sur la propagation de cette dévotion. Lucie a écrit :

De la pratique de la dévotion des premiers samedis unie à la consécration au Cœur Immaculé de Marie dépend la guerre ou la paix du monde.

Jésus insiste.

Le 15 février 1926, revenant du jardin, Sœur Lucie trouva un enfant qu’elle avait déjà vu en fin d’année 1925 dans les mêmes circonstances. Lui demandant s’il avait demandé l’Enfant-Jésus à Notre Mère du Ciel, comme elle lui avait demandé de le faire lors de ladite rencontre, l’Enfant lui fit la réponse suivante :

—   Et toi, as-tu révélé au monde ce que la Mère du Ciel t’a demandé ?

C’est à cet instant que Lucie reconnut l’Enfant-Jésus. Elle lui expliqua pourquoi cela n’a pas encore été fait ; mais Jésus dit :

C’est vrai que beaucoup d’âmes me reçoivent déjà chaque premier samedi, en l’honneur de Notre-Dame et des quinze mystères du Rosaire, mais hélas peu vont jusqu’au bout, et celles qui persévèrent le font pour recevoir les grâces qui y sont promises. Les âmes qui font les cinq premiers samedis avec ferveur et dans le but de faire réparation au Cœur de ta Mère du Ciel, me plaisent davantage que celles qui en font quinze dans l’indifférence.

Lucie expliqua que bien des âmes ont des difficultés à se confesser le samedi et demanda à Jésus s’il permettait que la confession soit valide dans les huit jours ; ce en quoi l’Enfant-Jésus répondit :

Oui, la confession peut être faîte même au-delà de huit jours, pourvu que les âmes soient en état de grâce le premier samedi lorsqu’elles me recevront, et que, dans cette confession antérieure, elles aient l’intention de faire ainsi réparation au Sacré-Cœur de Marie. Celles qui oublieront de formuler cette intention pourront le faire à la confession suivante, profitant de la première occasion qu’elles auront pour se confesser.

 

Puis l’enfant disparut… Pourquoi cinq ?

Il s’agit en effet de cinq samedis parce que, selon une révélation de Jésus, il y a cinq espèces d’offenses et de blasphèmes contre le Cœur Immaculé de Marie :

Voici les cinq offenses (ou causes des péchés) contre le Cœur Immaculé de Marie révélées à Sœur Lucie à Fatima, telles qu’expliquées dans les apparitions de Pontevedra (1925) concernant la dévotion des Cinq premiers samedis du mois :

 

1. Les blasphèmes contre l’Immaculée Conception

→ Offenses niant ou insultant le privilège de Marie conçue sans péché.

2. Les blasphèmes contre sa Virginité perpétuelle

→ Nier ou tourner en dérision sa virginité avant, pendant et après l’enfantement.

3. Les blasphèmes contre sa maternité divine, en refusant de la reconnaitre comme la mère des hommes

→ Refuser de reconnaître Marie comme Mère de Dieu et Mère spirituelle des hommes.

4. Les blasphèmes de ceux qui cherchent publique- ment à semer l’indifférence, le mépris ou même la haine de cette mère immaculée dans le cœur des enfants,

→ Scandale spirituel et enseignements visant à détourner les enfants d’elle.

5. Les offenses de ceux qui l’insultent directement dans ses saintes images

→ Profanations, sacrilèges ou mépris dirigés contre les représentations de Marie.

Conditions

Il y a cinq conditions pour gagner le privilège des cinq premiers samedis du mois.

 

1. Le premier samedi du mois, cinq mois de suite, en réparation des blasphèmes contre le cœur immaculé de Marie

 

2. La confession

— Pour chaque premier samedi une confession est requise avec une intention réparatrice ; elle peut être faite n’importe quel jour avant ou après le premier samedi à condition de communier en état de grâce ce jour-là.

— La voyante a demandé à Notre Seigneur : O mon Jésus ! Et les personnes qui oublieront de former cette intention (réparatrice) ? ; Jésus répondit : Elles peuvent la former dans la confession suivante en profitant de la première occasion pour se confesser.

 

Les trois autres conditions doivent être réalisées le jour du premier samedi à moins qu’un prêtre, pour de

justes motifs, ne permette de les réaliser le dimanche suivant ; ce sont :

 

3. La communion réparatrice

À faire le premier samedi du mois ou, avec la permission d’un prêtre, le dimanche suivant. Toutefois, selon l’adage À celui qui fait ce qu’il peut Dieu ne refuse pas la grâce, ceux qui n’ont pas de prêtre pour communier le samedi ou le dimanche suivant, feront la communion spirituelle et communieront sacramentellement dès qu’ils le pourront. De même ceux qui n’auraient pas de prêtre pour se confesser dans le mois.

 

4.   Le chapelet

Ce fut là le message souvent renouvelé de la Mère de Dieu aux petits bergers. En plus de la récitation du chapelet, les cinq premiers samedis, récitez-le chaque jour de votre vie. Plus que cela, imitez l’exemple de la petite Jacinthe et efforcez-vous de le faire réciter chaque jour le soir en famille. Notre-Dame tenait toujours un chapelet entre ses mains lors des apparitions.

Elle demanda aussi aux trois enfants de réciter une prière spéciale après chaque dizaine : Vous réciterez aussi après chaque Gloire soit au Père de chaque dizaine la prière suivante :

Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez toutes les âmes au Ciel, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. Il est de la plus grande importance de se rappeler que la méditation sur les mystères en récitant les prières du chapelet est une condition essentielle pour le bien réciter ; autrement il pourrait si facilement devenir une pure répétition mécanique de paroles.

 

5. La méditation des mystères du chapelet ne se confond pas avec le chapelet. Sœur Lucie a bien précisé qu’il fallait les deux. Il faut méditer pendant quinze minutes, mais la méditation des quinze mystères n’est pas nécessaire et on peut en méditer l’un ou l’autre. Il semble qu’il suffise aussi d’une méditation de trois minutes avant chacune des cinq dizaines du chapelet.

 

Voici comment sœur Lucie faisait cette méditation (tiré d’une lettre au père Martins) :

Voici ma façon de faire les méditations sur les mystères du rosaire, les premiers samedis. Premier mystère : l’annonciation de l’ange Gabriel à Notre-Dame. Premier préambule : me représenter, voir et entendre l’ange saluer Notre-Dame avec ces paroles : Je vous salue Marie, pleine de grâce. Deuxième préambule : je demande à Notre-Dame qu’elle infuse dans mon âme un profond sentiment d’humilité.

 

Premier point : Je méditerai la manière dont le Ciel proclame que la très Sainte Vierge est pleine de grâce, bénie entre toutes les femmes et destinée à être la Mère de Dieu. Deuxième point : L’humilité de Notre-Dame se reconnaissant et se disant la servante du Seigneur. Troisième point : comment je dois imiter Notre-Dame dans son humilité, quelles sont les fautes d’orgueil et de superbe par lesquelles j’ai l’habitude de déplaire à Notre-Seigneur, et quels sont les moyens que je dois employer pour les éviter etc.

 

Le deuxième mois, je fais la méditation du deuxième mystère joyeux. Le troisième, du troisième et ainsi de suite, en suivant la même méthode pour méditer. Quand j’ai fini ces cinq premiers samedis, j’en recommence cinq autres et je médite les mystères douloureux, ensuite les glorieux et, quand je les ai terminés, je recommence les joyeux.

Dans ces quatre actes on doit avoir l’intention de faire amende honorable au Cœur Immaculé de Marie.

Remarques

Il faut bien comprendre que l’intention première de la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis n’est pas d’obtenir la grâce de la persévérance finale, à savoir : être assisté à l’heure de notre mort pour aller au Ciel ; mais de consoler le Cœur de Notre Mère du Ciel en lui retirant les épines que nous même nous lui enfonçons par nos péchés, ainsi que celles que les hérétiques, les impies, les apostats et les schismatiques enfoncent dans Son divin Cœur ; moyennant quoi, la Sainte Vierge promet assistance au moment où notre âme comparaîtra devant Dieu.

Cette dévotion a été approuvée par l’évêque de Leiria-Fatima le 13 septembre 1939. 

Consécration à Marie

La dévotion au Cœur Immaculé de Marie implique de se donner totalement à Marie. Elle le rappelle maintes fois au cours des entretiens entre le Sainte Vierge et les enfants de Fatima.

Pour les âmes généreuses — et nous savons qu’il en existe beaucoup — qui désirent donc entrer complètement dans cette sublime dévotion, il est utile d’ajouter ceci :

1. La Consécration au Cœur Immaculé de Marie La meilleure et la plus parfaite consécration à la Très Sainte Vierge est celle de saint Louis Marie Grignion de Montfort. Elle peut se faire en solitaire après lecture du traité de la vraie dévotion à la Très Sainte Vierge de saint Louis-Marie Grignion ou à la fin d’une retraite mariale aidé par un prêtre.

Se sacrifier pour les pécheurs

Le sacrifice et la réparation requis par la Sainte Vierge ont été définis très spécialement par Lucie elle-même. Notre Sainte Mère demanda que ses enfants soient prêts à faire n’importe quel sacrifice requis par la pratique de leurs devoirs chrétiens. Notre Seigneur se laisse apaiser lui dit la Sainte Vierge dans une révélation privée, mais Il s’est plaint Lui-même très amèrement et avec douleur du petit nombre d’âmes en état de grâce, qui consentent à renoncer à tout ce qu’exige l’observance de Sa loi. Beaucoup de gens, explique Lucie, pensant que le mot pénitence implique des austérités héroïques et ne se sentant pas la force nécessaire aux grands sacrifices, se découragent et continuent de vivre dans la tiédeur et le péché. Elle rapporte que Notre Seigneur lui a dit : Le sacrifice que Je demande de chaque personne, c’est l’accomplissement de ses devoirs d’état et l’observance de ma loi. Voilà la pénitence que Je demande et requiers maintenant (Lettre de sœur Lucie, du 28 février 1943).

 

La pénitence est en effet le retour de l’âme vers Dieu, une sorte de marche en arrière pour retrouver l’innocence baptismale. Se rattache à la vertu et au devoir de la pénitence tout ce qui contribue à nous purifier du péché, à nous délivrer des obstacles qui retardent notre montée vers Dieu. Elle accompagne la prière. Comment d’ailleurs notre prière pourrait-elle être acceptée de Dieu si nous vivons dans le péché qui l’offense ? Comment oser s’adresser à Lui si on n’est pas en amitié avec Lui, à moins que ce soit pour implorer son pardon ?

Le sacrifice que Dieu demande ne s’oppose en aucune façon à la pratique louable et pieuse de la mortification volontaire pour ceux qui veulent faire plus que le minimum requis. Mais, de nos jours, Dieu demande au moins ce minimum de chaque personne et, dans ce siècle paganisé, il faut une vertu presque héroïque pour être fidèle à ses devoirs de chrétiens, surtout à ses devoirs d’époux. Déjà depuis 1912 le Saint- Siège avait indiqué à l’attention des âmes pieuses sur ce jour en accordant une indulgence plénière aux conditions ordinaires aux fidèles qui auront accompli, le premier samedi de n’importe quel mois, des exercices spéciaux de dévotion en l’honneur de la Bienheureuse Vierge Marie Immaculée, en réparation des blasphèmes dont son nom et ses prérogatives sont l’objet (Preces et Pia Opera 1938, n° 335). La demande de la Sainte Vierge Marie à Lucie ne fait donc qu’approuver et sanctionner une dévotion déjà existante et encouragée par l’Église. Ainsi ceux qui observeront les pratiques des premiers samedis proposés par Notre-Dame de Fatima rempliront par le fait même les conditions voulues pour gagner l’indulgence plénière promulguée en 1912.

 

Je vous souhaite un saint temps d’Avent et de bien belles et saintes fêtes de Noël.

 

Père Guillaume-Marie

Histoire raccourcie de ce pèlerinage pour mémoire

L’idée est venue dans l’esprit d’un prêtre de la Fraternité à l’occasion du chapitre général de 2012 en vue du centenaire des apparition de 1917 de faire un pèlerinage à pied en portant à dos d’homme une statue de Notre Dame de Fatima… de Fatima jusqu’en Russie … (8000 km environ) car les demandes de Marie à Fatima n’ont pas été encore honorées, les bruits de guerre sont toujours plus menaçants et il faut donc bien faire quelque chose … en plus de la prière toujours nécessaire. La FSSPX n’a pas jugé opportun de donner suite au projet.

 

L’idée du projet a été repris par le président de l’Unec, Winfried Wuermeling, et un premier pèlerin historique, Jean-Claude Bruel, parti seul, à pied, en 2017 de Fatima sans argent, sans statue, est passé par Rome et est arrivé à Moscou en 2018.

 

Suite à cette première tentative déclarée positive, Wilfried Wuermeling a relancé un nouveau pèlerinage avec une grande statue de Fatima transporté par des pèlerins à pied jusqu’à Moscou sans passer par Rome. Suite aux perturbations due au Covid, le départ s’est brusquement décidé au printemps 2021 avec trois volontaires dont deux qui ont tout fait. Quelques petites âmes pieuses et quelque peu aventureuses et solides mentalement et physiquement se laissent tenter par l’idée. Parmi elles, M. Patrick Bonnand, qui en sera la cheville ouvrière et marchante et M. Jean Le Friec se décident à partir. M. Bonnand invite bien sûr le père Guillaume Hecquard à les accompagner spirituellement et physiquement. Trois religieux, un Bénédictin, un Dominicain et un Franciscain ont de façon épisodique accompagnés physiquement et spirituellement le pèlerinage. Les pèlerins sont très bien reçus par les prieurés de la Fsspx. Il y aura en tout une vingtaine de marcheurs chacun apportera au projet ses forces, sa bonne volonté et ses capacités selon bien sûr ses disponibilités. En 2021, en pleines années covidiques, les choses paraissent assez compliquées avec des frontières fermées, des restrictions à n’en plus finir, des pèlerins qui veulent traverser l’Europe à pied, la guerre qui fait rage en Ukraine etc. Cependant quand les cœurs sont décidés et que le Bon Dieu semble bénir, il faut aller de l’avant… Quatre pèlerins arrivent à se réunir à la cha- pelle du Sacré-Cœur près de Loches, petite ville pleine d’histoire assez bien située, au centre de la France près de Tours, pour un point de rendez-vous. Une messe de départ y est célébrée et une bénédiction de pèlerinage donnée par le Père Guillaume. Direction Fatima en voiture pour le grand départ. Les trois démarrent de la chapelle de la fraternité de Fatima, mais la statue de Notre Dame est là et les jambes sont volontaires. Après trois mois de marche sous la chaleur, les pèlerins déjà bien rodés, deux marchent en se relayant pour le portage de la statue et le troisième conduit la voiture balais arrivent à Lourdes. Tout en marchant et en priant ils font de l’apostolat en distribuant des médailles miraculeuses de la rue du Bac à qui veut mais aussi à qui n’en veut pas au cours de leur rencontre passagère. Les refus ont été quand même bien moins nombreux que les remerciements sympathiques. En tous des milliers de médailles ont été distribuées jusqu’en Russie.

Elles ont été fournies gracieusement par M. Winfried Wuermeling, le président de l’Unec et de SOS Maman qui, de son logement de Saint-Gratien, regarde, protège, encourage, organise et finance le projet. De nombreuses âmes qui ne peuvent marcher prient pour le projet et regardent avec intérêt les comptes-rendus des marcheurs et marcheuses. Le challenge est que la statue de Notre Dame fasse tous les 8000 km soutenus uniquement par des pieds d’homme. Si la statue elle ne se fatigue pas, les pèlerins eux doivent se reposer… Cependant la statue baroudeuse prendra quand même pas mal de coups et de bosses et devra être plusieurs fois recollée. Pour information : statue en résine de 80 cm, pesant avec son attelage-sac-à-dos 15 kg. Tous au long du périple les uns rejoindront le groupe d’autres le quitteront selon leur besoin. Arrivée à Lourdes la sagesse a conseillé de continuer le périple l’année sui- vante. Après le Portugal et l’Espagne en 2021, ce sera le tour la France à bénéficier du passage de N.D. de Fatima, Lourdes-Mariental via Rocamadour, Le Puy, N.D. du Laus, La Salette, Lyon etc.en 2022. L’Allemagne jusqu’à Oscarham en Suède en 2023. La Suède et Vadstena où a vécu sainte Brigitte, la Finlande, l’Estonie et enfin Moscou en 2024.

 

En 2025 ce sera Moscou- Kazan. Voici le texte que les pèlerins ont donné aux autorités russes religieuses et politiques via les réseaux sociaux et les médias et relayé par les message de M. Wuermeling :

Nous, pèlerins français, avons entrepris un pèlerinage à pied de Fatima à Kazan en vue d’honorer les désirs de la Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, Mère de Notre Seigneur Jésus-Christ. Nous avons entrepris ce pèlerinage avec joie par amour pour la Mère de Dieu et la Russie dont la Sainte Vierge parle dans son message. Ses désirs exprimés à Fatima avaient entre autres buts la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé, condition nécessaire à la paix dans le monde. Pour concrétiser ce désir, nous avons conçu l’idée de transporter à pied une statue bénie de Notre Dame de Fatima, pesant en tout 15 kilogrammes, et d’offrir cette statue au peuple de Russie.

Ce pèlerinage à pied d’environ 8000 km s’est réalisé

en plusieurs étapes de deux à quatre mois par an sur cinq années. Ce fut un pèlerinage de pénitence, de prière et de mission auprès des personnes rencontrées lors de la traversée de nombreux pays : Portugal, Espagne, France, Belgique, Allemagne, Danemark, Suède, Finlande, Estonie et finalement la Sainte Russie via Saint-Pétersbourg et Moscou, pour arriver à Kazan but de notre pèlerinage. Pourquoi Kazan ? Parce que la Mère de Dieu a manifesté sa présence en ce lieu depuis bien des siècles et que son icône miraculeuse, protectrice de la Russie, vénérée à travers tout le pays, a séjourné à Fatima où elle a été exposée à la vénération des catholiques après les troubles de la Révolution des Bolchéviks. Elle a été restituée à la Russie en 2004 et réinstallée officiellement à Kazan le 21 juillet 2005. Vingt ans après, jour pour jour, en 2025 année jubilaire, l’icône de la Mère de Dieu de Kazan reçoit à son tour la statue de Notre Dame de Fatima. Ainsi Marie Mère de Dieu, du haut du ciel, organise les civilités et les rapports entre ces deux peuples qui s’aiment et sont aimés d’elle, la France et la Russie.

Nouvelles du prieuré Notre Dame de Vignemont :

L’année 2025 a été quelque peu éprouvante par un apostolat difficile, mais les grâces n’ont pas manqué. Les évêques Mgr Mc Guire et Mgr Da Silva sont passés à Loches. L’association N. D. de Vignemont a poursuivi son service auprès de l’apostolat du Père Guillaume et de la mission Saint- Benoît.

 

Cette mission était présente aux rendez-vous Catholiques de France en juin.

 

En juillet, le Père retrouvera les mêmes pèlerins qu’il avait accompagné l’année précédente en Suède, mais cette fois-ci à un peu plus de 100 km à l’est de Kazan.

 

C’est ce pèlerinage en Russie une dizaine de jours à pied et en voiture qui lui a inspiré ce bulletin.

 

Le camp chantier : Cette année le camp-chantier de Vignemont s’est déroulé comme d’habitude la première quinzaine d’août. Il y a eu bonne équipe qui a accompli un travail remarquable sur le parc depuis le dernier numéro des feuilles du Sacré-Cœur.

 

Naissances et Baptêmes :

—  Zachary Quéneudec chez Antoine et Sophie Quéneudec, né le 27 novembre. Et baptisé le 8 décembre 2024…

—  D’Hélène Chabrol chez Vincent et Hermine Chabrol née le 24 juin ; ondoyée le 3 juillet et baptisée le 13 juillet 2025.

Baptême d’adulte : d’Alex Pringault le 31 décembre 2024 et de Leo Sinate le 21 novembre 2025

Mariage : De M. Paul Lenoir avec Mademoiselle Pauline Sellier le 5 juillet 2025.

L’ombre bénéfique de Vignemont
L’ombre bénéfique de Vignemont